«La perfection est impossible à atteindre ? Il y en a pourtant qui la détruisent.» [Stanislaw Jerzy Lec] Chapitre 2

«La perfection est impossible à atteindre ? Il y en a pourtant qui la détruisent.» [Stanislaw Jerzy Lec] Chapitre 2
Le 1er septembre 2008 9h

Vu que je restais dans mon coin, Alex, un très bon ami, vint me voir. Il me serra fort dans ses bras.

___- Ça va puce?
___- Ouais, on fait aller. Et toi? Dis-je en forçant un sourire.
___- Ça va, comme d'habitude. Mais toi qu'est-ce qu'il y a? Me demanda-t-il.
___- J'ai l'impression que tout le monde ne fait que des remarques sur mon apparence et ___c'est blessant. Et puis, je ne sais pas. Je me sens moins à ma place avec les filles cette ___année. Beaucoup de choses ont changé pour moi cet été. Lui répondis-je.
___- Comme quoi?
___- Je t'en reparlerai plus tard. C'est pas vraiment le moment, et puis sinon notre prof ___principal ne nous aimeras pas dès le début de l'année. Lui dis-je en rigolant un peu.

Bien évidemment, c'était un rire qui sonnait faux, mais c'est mieux que rien non? Notre professeur principal était madame Barrios, une espagnole, mais une femme gentille et sévère. Elle présenta son cours, elle nous enseignerait l'allemand tout au long de l'année. Elle nous passa notre horaire, qui je dois avouer était plutôt pas mal. Comme premier cours, elle nous présenta un projet que nous devons présenter dans deux semaines. On devait présenter nos vacances d'été en expliquant du mieux qu'on pouvait les activités que nous avions faites, et puis, si nous étions allés dans un autre pays, nous devions en présenter la culture. Pour ceux qui n'ont pas fait de voyage à l'étranger, ils vont devoir nous dire dans quel pays ils auraient aimé allé et nous présenter la culture. Elle nous laissa le reste du cours libre, nous laissant parler. Mikael vint dans le fond de la salle pour nous parler, un peu à tout le monde.

___- Eh les gens, ça vous dirait d'aller en boîte vendredi pour fêter notre retour à l'école? Nous ___demanda-t-il.
___- Ouais pourquoi pas, on a rien à perdre non? Dit Ann.
___- Vous voulez aller ou? Demandais-je.
___- Au One Night? Proposa Alex.
___- Approuvé. Rigola Mikael.

Donc vendredi on se faisait une soirée en boîte. Ouais bon d'accord, je dois avouer que ça faisait longtemps que j'étais allée, mais quand même, l'envie n'était pas trop présente. Et puis, je ne sais pas, j'avais comme une impression de ne plus être à ma place. Ça ne peut pas être si pire que ça. Cette sortie pourrait peut-être arranger les choses.

Le 1er septembre 2008 15h

La journée passa rapidement malgré tout. Arrivée à la maison, je ne savais pas quoi faire, je n'avais pas vraiment de devoirs ou de travaux à faire. J'ouvris mon ordinateur portable et je me connectai sur msn. Alex vint tout de suite me parler.

___Alex in Wonderland :
___Lou, tu fais quelque chose ce soir?

___Lou' wants to see him :
___Hum, je crois que je suis libre pourquoi?

___Alex in Wonderland :
___Parce que je suis devant chez toi.

___Lou' wants to see him :
___Oh.

Je me relevai, couru jusqu'à la fenêtre et le vit en bas, sous une petite pluie. Je sortis de notre appartement vitesse grand V descendis les escaliers et lui sautai dans les bras. Même si je l'avais vu ce matin, je dois dire qu'il m'avait vraiment manqué. C'est la seule personne avec qui j'étais vraiment restée en contact pendant mon voyage, texto et e-mails, plusieurs fois par semaines. Je restai dans ses bras au moins cinq minutes, mon nez enfoui dans son cou. Ce que j'aimais sentir son odeur. Le ciel commençait à être noir et il y avait quelques gouttes de pluie qui tombaient.

___- Tu veux rentrer? Il commence à pleuvoir. Lui demandais-je.
___- Ouais pourquoi pas.

On monta les escaliers jusqu'à mon appartement, il s'installa dans le salon, comme à son habitude. Comme d'habitude, il était à l'aise. Et puis, vu que ça faisait longtemps qu'on se connaissait, il était chez lui quand il était chez moi autant que moi chez lui.

___- Tu veux quelque chose? Un café, chocolat chaud?
___- Je prendrais bien un chocolat chaud. Tu veux que je t'aide? Me demanda-t-il.
___- Mais non, ça va je suis capable de faire ça quand même. Dis-je en souriant.

Je me dirigeai vers la cuisine et sortit deux tasses. Je mis du lait dans chacune d'entre elles et les mis au micro-onde. Le temps que le lait réchauffe, je sortis le nesquick et une cuillère. Je regardai dans le placard et cherchai les biscuits. Les petits écoliers sortis, je sortis les deux tasses et y mis du nesquick. Je sortis un plateau, y déposa le tout et retournai au salon.

___- Voilà.
___- Pourquoi tu souris autant toi?
___- Je ne sais pas, peut-être parce que je suis plus à l'aise là que ce matin à l'école. C'est ___différent maintenant. Tout le monde à changé, ou c'est peut-être moi tout simplement. ___Lui répondis-je.
___- Tu as peut-être changé, mais ce n'est pas en mal crois-moi puce.
___- Eh! Depuis quand tu m'appelles comme ça toi?
___- Je ne sais pas, depuis tout de suite. Ça te va bien pourtant. Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Ann cet ___été? Vous étiez toujours ensemble l'an dernier pourtant. Jamais l'une sans l'autre. Vous vous êtes ___engueulées?
___- On ne s'est pas engueulées, rien. Elle ne m'a pas vraiment donné de nouvelles, quoi que ___je n'aie pas vraiment fait mieux. C'est juste qu'elle a fait une remarque à laquelle je ne ___m'attendais pas. Je ne sais pas, c'est bizarre cette année.
___- Qu'est-ce qu'elle a dit?
___- Elle m'a demandé si j'avais beaucoup mangé, mais elle a essayé de se rattraper en me ___disant que j'avais plus de forme que l'an dernier. J'ai trouvé ça un peu vache de sa part.
___- C'est vrai que t'as plus de forme. Mais je dois avouer que ça te va très bien et que ça te rend... ___comment je pourrais dire ça?
___- Allez vas-y dit le. Lui dis-je en roulant des yeux.
___- Ça te rend canon, voilà, c'est ça.

Je ne m'attendais pas à ça. Mais ça me mettais mal à l'aise. Je ne sais pas, ça avait merdé avec les filles à cause de ces remarques à la con. Et ça m'a blessé jusqu'à un certain point. Ça me fait douter de moi. Chose qui n'est pas la meilleure pour moi étant donné que ma confiance en moi n'est déjà pas géniale. Alex avait beau essayer de me remonter le moral, il y avait quand même une partie de moi qui ne voulait pas le croire, qui se disait que j'étais énorme, et que je devrais faire plus attention à ce que je mange. Je pris une gorgée de chocolat chaud. Alex se rapprocha et me fis un câlin.

___- Ça va aller? Me demanda-t-il.
___- Mais oui. Le rassurais-je.
___- Promis?
___- Promis.

On continua de parler, jusqu'à ce que mes parents rentrent du travail. Ils invitèrent Alex à manger avec nous, mais il déclina l'invitation, disant que ses parents devaient déjà l'attendre pour manger. Il me fit un bisou sur la joue et sortit de l'appartement.


# Posté le vendredi 31 juillet 2009 18:50

Modifié le lundi 05 octobre 2009 23:59

«Quand on aime la vie, on aime le passé, parce que c'est le présent tel qu'il a survécu dans la mémoire humaine.» [Marguerite Yourcenar] Chapitre 3

«Quand on aime la vie, on aime le passé, parce que c'est le présent tel qu'il a survécu dans la mémoire humaine.» [Marguerite Yourcenar] Chapitre 3
Le 2 septembre 2008 7h30

Je me regarde dans le miroir. Je me suis réveillée plus tôt, pour je ne sais quelle raison. Ce que je sais par exemple, c'est que je n'aime pas l'image qui est projetée par le miroir. J'ai beaucoup plus de formes, trop presque. Un poitrine qui ferait un plus gros décolleté, des graisse sur les hanches qu'on voit ressortir en haut de la taille des pantalons, un ventre un peu plus arrondi, des cuisses qui sont moins fermes. Tout ce que je n'étais pas l'an dernier. J'ai dû acheter de nouveaux vêtements parce que ceux de l'an dernier ne me faisaient plus. J'aurais tellement voulu garder ma taille de guêpe, et j'aimerais la retrouver. Après ma douche, je choisi les premiers vêtements qui me tombèrent sous la main. Pourquoi se tracasser avec ça. Vu qu'il me restait une bonne demi-heure avant de partir prendre le bus, j'allumai mon ordinateur et fit une recherche sur google. Régime gratuit. Pourquoi pas. Quel est votre taille? 1 mètre 70. Quel est votre poids? 65 kg. Quel poids voulez-vous atteindre? 50 kg. Combien de temps voulez-vous faire ce régime? 2-3 semaines.

Voici nos conseils :
_◦ Au réveil, buvez un verre d'eau, il permet d'éliminer les toxines.
_◦ Vous devriez faire entre une et deux heures de sport par jour.
_◦ Essayez d'éliminer le plus de glucides et lipides des plats que vous mangez.
_◦ Mangez surtout des fruits et légumes.
_◦ Ne pas se servir des portions trop grosses ou se resservir deux fois.
_◦ Évitez de manger entre les repas. Si vous le faites, prenez une pomme.
_◦ Ne vous forcez pas à manger si vous n'avez pas faim.

Nous vous enverrons un e-mail tous les jours pour vous donner les objectifs de la journée. Votre objectif pour aujourd'hui est de réduire la quantité de produits céréaliers que vous manger et manger un fruit à tous les repas. N'oubliez pas de faire du sport.

Je sens que ça va être difficile. Mais bon, si j'y mets du mien et de la détermination, ça devrait aller. Je descends les escaliers, prends une pomme dans la cuisine et me dépêche d'aller prendre mon bus. Arrivée devant les grilles de l'école, je mange ma pomme et rentre dans l'enceinte de l'école. Je vois Taylor, un garçon qui était dans mes cours de sport l'an dernier dont je suis assez proche, malgré le fait qu'il passe plus de temps dans ses livres qu'à faire la fête, chose qui d'ailleurs fait du bien parfois.

___- Taylor! Ça va bien? Lui demandais-je.
___- Ouais ça va, et toi?
___- Oh ça va. Lui dis-je en souriant. Ça te dirait qu'on aille courir après les cours, comme l'an ___dernier.
___- Ouais pourquoi pas. On se rejoint au parc, sous le saule pleureur face à la fontaine.
___- D'accord. Je te rejoins à deux heures tapantes.

Bon, voilà une chose de faite. Je me rendis à mon cours de dessin sautillant presque dans les corridors. J'ai l'air folle? Qu'est-ce que ça peut me faire. En cours de dessin, Monsieur Stardinsky nous demanda de dessiner la tenue de nos rêves, en faisant un autoportrait et en dessinant les vêtements en tant que tel. J'avais envie de faire une tenue, si je peux me le permettre, provocante, glamour, kitch, classe. Tous les styles mélangés presque. Je dessinai une robe à fleur dos nu qui arrivait à mi cuisse, avec un décolté présent mais pas trop. Lors du moment de la colorier, je mis des tons de rose, de mauve, de rouge et de bleu. Je commençai à dessiner les détails de mon visage lorsque la cloche sonna. Je mis la feuille dans mon cahier à dessin et me dirigeai vers ma case pour y déposer tout ça. J'avais un cours de mathématique qui suivait, et je m'y dirigeai, rêveuse. Lorsque mes cours se terminèrent, je me rendis chez moi, échangeai mes vêtements pour une paire de jogging et mon t-shirt converse et enfilai mes baskets.

Le 2 septembre 2008 13h50

J'allai dans la cuisine boire un verre d'eau et l'horloge indiquant deux heures moins dix, je sortis de l'appartement et me rendis au parc. Taylor m'attendais déjà.

___- Ça ne fait pas trop longtemps que tu es là? Lui demandais-je.
___- Je viens d'arriver. Allez viens. Me dit-il en commençant à courir sur le petit chemin que nous ___empruntions l'an dernier.
___- Tu as fait quoi cet été?
___- J'ai travaillé dans la compagnie de construction de mon père. J'ai eu une sorte de formation, c'était ___vraiment sympa. Je n'aurais pu rêver mieux. Et en plus j'étais payé. Et toi? J'ai entendu dire que tu ___étais allée en Australie.
___- Ouais, c'était génial, mais je dois avouer que ça m'a manqué d'aller courir tous les jours ___avec toi. Et puis, je ne sais pas trop. Il y avait tellement de monde, des soirées tellement ___bizarres, ou je ne me sentais pas à ma place. Oh et puis je ne sais pas pourquoi je te ___racontes tout ça. Finis-je par lâcher.
___- Eh, Léa, tu sais parfaitement bien que tu peux tout me dire. Me dit-il en s'arrêtant. Et puis, je ne ___pourrais me permettre de tout aller répéter à je ne sais qui. Tout ce que ça ferait, c'est de la merde, ___et je préfère rester clean.
___- Tu sais que tu es nul?
___- Oui, tu me l'as tellement répété l'an dernier que ça m'a manqué cet été.
___- Désolé de t'y avoir habitué alors. Lui répondis-je.

On recommença à courir et on finit par revenir à notre point de départ.

___- Lou? Me demanda-t-il.
___- Oui Taylor?
___- Tu voudrais qu'on aille boire un verre, ou un café, c'est comme tu veux.
___- Euh, ouais, pourquoi pas.
___- Je passe te chercher dans 2 heures.
___- D'accord. À tout à l'heure.

On se laissa, ne se faisant même pas la bise puisque nous étions tout collants et en sueur. Mieux vaux garder ces moments après avoir pris une bonne douche. Je me dirigeai donc vers l'appartement et fonçai dans la douche.




# Posté le vendredi 07 août 2009 01:09

Modifié le mardi 06 octobre 2009 00:01

«Nos actes ne sont éphémères qu'en apparence. Leurs répercussions se prolongent parfois pendant des siècles. La vie du présent tisse celle de l'avenir.» [Gustave Le Bon] Chapitre 4

«Nos actes ne sont éphémères qu'en apparence. Leurs répercussions se prolongent parfois pendant des siècles. La vie du présent tisse celle de l'avenir.» [Gustave Le Bon] Chapitre 4
Le 2 septembre 2008 17h

J'étais presque prête, il me manquait juste à enfiler une paire de soulier et je pourrais partir. Quelqu'un sonna à la porte de l'appartement, sûrement Taylor. Je courrai jusqu'à la porte, mes souliers dans les mains et lorsque je sortis je trouvai non pas Taylor, mais Ann devant ma porte.

___- Oh, salut. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit toi.
___- Eh bien oui, c'est moi. Me répondit-elle en entrant dans l'appartement.
___- Ann, c'est que j'allais partir, Taylor vient me chercher et on va aller boire un café. Je ___suis désolée. Lui dis-je.
___- Mais Lou! Ça fait des semaines qu'on n'a rien fait juste toutes les deux.
___- Mais Ann, je ne vais pas lui dire que je ne viendrai pas, c'était prévu et je ne vois pas ___pourquoi je lui dirais non maintenant. Depuis que je suis rentrée, je n'ai pas vraiment ___l'impression que tu veux me parler, tu m'as même ignorée aujourd'hui à l'école.

Il y eut un certain silence, mal à l'aise pour elle, mais qui me donnait l'impression d'avoir mis les points sur les 'i' et que je savais à quoi m'attendre maintenant. Ce n'était peut-être juste pas l'amie que je pensais avoir. Je préfère m'en rendre compte maintenant que lorsqu'elle me ferait des coups vaches plus tard.

___- Je crois que tu peux partir Ann. Lui dis-je.
___- Au revoir Lou, tu vas me manquer.
___- Oui.

Elle sortit de l'appartement sans un mot de plus. C'était mieux comme ça non? J'étais d'une certaine façon désemparée par les événements, il se passait énormément de choses auxquelles je ne m'attendais pas, et je ne ressentais pas ce que je pensais que j'allais ressentir. La porte était toujours ouverte. Quelqu'un cogna deux coups sur le cadre de la porte.

___- Je peux entrer?
___- Oui Taylor, je... désolé, je mets mes souliers et je suis prête.
___- Ça n'a pas l'air d'aller Lou. On peut remettre à plus tard si tu veux. Me dit-il.
___- Non, j'ai besoin de sortir, prendre l'air et parler. Mais merci. Lui répondis-je.

Il avait enfilé une simple paire de jeans et un t-shirt bleu. Il ne s'était pas cassé la tête. Moi j'avais enfilé un slim en jean tout simple et une camisole noire, mes cheveux longs lissés et une simple couche de mascara. J'écrivis une petite note à mes parents pour les avertir que j'étais sortie pour qu'ils ne s'inquiètent pas.

___- Bon allez c'est partit! Lui dis-je en lui faisant un sourire sincère.
___- Tu veux qu'on aille ou?
___- Je ne sais pas. Tu connais un endroit sympa, pas trop bruyant?
___- Ouais, suis-moi.

On sortit de mon appartement, je barrai la porte et on descendit les escaliers jusqu'à la rue. On marcha une bonne quinzaine de minutes, pas que ça me dérangeait, sauf que ça m'intriguait. On parlait un peu de tout et de rien, de nos souvenirs de l'an dernier.

___- Tu te souviens quand on jouait au volley ball et que tu avais lancé le ballon sur la tête ___d'Ann sans le vouloir et que j'avais dû la retenir de ne pas te sauter dessus pour qu'elle ___te gifle? Lui demandais-je.
___- Comment ne pas se souvenir d'un moment où on se fait presque assassiner par la fille la plus ___populaire du lycée. Tu peux me le dire?
___- Ouais j'avoue. Dis-je en riant.
___- Lou, on est arrivés.
___- Oh.

Je regardai tout autour de moi quand je vis enfin une petite pancarte qui disait 'Die Luft Fliegen'. Ça m'intriguait, habituellement j'aurais plus donné ce nom à une boîte de nuit. Et je dois avouer que ça en avait un peu l'air.

___- T'es sûr qu'on est au bon endroit? Ça ressemble plus à une boîte de nuit qu'à autre ___chose. Lui dis-je.
___- S'en est une en fait, mais pendant la journée, elle est transformée en bar. Elle appartient au cousin ___de ma mère, donc je peux y aller quand je veux.
___- Tu y vas souvent?
___- Plus ou moins, des fois avec des amis, mais vu que c'est toujours bondé de... gens importants si je ___peux dire, je ne me sens pas toujours à ma place. Me dit-il.
___- Dommage.
___- Ouais. Si tu veux, mais moi, ça ne me dérange pas vraiment. J'préfère faire autre chose. Mais si tu ___veux, je t'amènerai un jour.

Je ne répondis pas. Il savait ce que j'aurais répondu de toute manière, à quoi sert de dire des mots quand on comprend les silences de l'autre. C'est peut-être ce que j'aimais de ma relation avec Taylor, qu'on se comprenne aussi bien.

___- Bon écoute, tu veux que je te fasse visiter? Me demanda-t-il.
___- Ouais, il faudrait peut-être entrer plutôt que de rester planté devant.

Il me fit un gros sourire. On entra dans la bâtisse. Taylor salua quelqu'un au bar, sûrement le cousin de sa mère. Le bar était sympa, il y avait des néons mauves en haut et des miroirs sur les murs. Les tables dans la salle étaient rondes et il y avait quelques banquettes, mauves elles aussi. Dans le fon de la salle, il y avait des escaliers des deux côtés d'un palier qui était plutôt grande et un grande table, sûrement celle ou il y avait le matériel du DJ. La piste de danse était plutôt grande comparé à celle du One Night. Il y avait un espace VIP, qui était plus reculé séparé par des rideaux opaques mauves et des rideaux plus fins, presque transparents blancs. Taylor passa la tête dans les rideaux, pour vérifier qu'il n'y avait personne et poussa un rideau. Il y avait une bande de miroirs le long des murs et on voyait que les gens qui venaient dans cet espace avaient beaucoup d'intimité et ils avaient même un petit bar pour eux. Des flutes de champagne étaient dans un petit compartiment en verre derrière le bar. Taylor me tira par la main et m'emmena vers le bar, mais pas celui de l'espace VIP.

___- Salut Seb. Tu vas bien?
___- Ouais, je vois que tu nous amène de la belle visite.
___- Je te présente Lou, une très bonne amie à moi.
___- Enchanté. Dis-je.
___- Ce ne serait pas ta petite copine Taylor?
___- Non, juste amis. Répondis-je pour lui.
___- Je vous sers quoi? Demanda-t-il.
___- Une manzana.
___- Deux alors.
___- Je vous amène ça dans deux petites minutes. Allez vous installer.

On alla s'asseoir sur une banquette. Cinq petites minutes plus tard, nos manzana arrivèrent.




# Posté le dimanche 16 août 2009 18:24

Modifié le mardi 06 octobre 2009 00:02

«Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime.» [Albert Camus] Chapitre 5

«Les doutes, c'est ce que nous avons de plus intime.» [Albert Camus] Chapitre 5
Le 2 septembre 2008 18h49

Je dois avouer que c'était très calme ici, on n'était pas obligés de parler plus fort parce qu'on ne s'entendait pas ou quoi que ce soit. Je réfléchissais beaucoup.

___- Lou, tu penses à quoi?
___- Hmmm, au fait que je n'ai plus vraiment envie de rester avec Ann et tout pendant les ___cours, à l'école et sortir avec la bande. Il y a juste Alex avec qui ça va encore. Ça ___m'énerve. Dis-je en regardant mon verre qui devenait très intéressant.
___- Tu sais tu peux venir avec moi, mes amis ils sont sympas aussi. Me propose-t-il.
___- Je sais, mais ça ferait bizarre non? La fille rejetée par ses amis part avec une autre ___bande qui la prend en pitié.
___- Mais non! Tu sais parfaitement bien qu'on ne te prendrait pas en pitié. Ça servirait à quoi de le faire ___de toute manière.
___- Mais...
___- Pas de mais, mademoiselle. Avec moi, les mais sont interdits. J'ai raison, point final. Me dit-il.

Je finis par faire un petit sourire. Il a peut-être raison. J'ai envie de prendre un nouveau départ, de tout recommencer. Je me remets à penser à tout ce qu'Ann et Katy m'ont dit à la rentrée. Mon regard s'assombrit et j'imagine que Taylor l'a remarqué.

___- Eh, Lou, ça va? Tu veux rentrer?
___- Oh. Non c'est bon. J'pensais à un truc, mais ça va hein. Lui répondis-je, peu sûre de moi.
___- N'oublies pas que tu peux me parler hein. Me dit-il, d'un ton rassurant.
___- Je sais, mais là c'est nul, je n'ai pas besoin d'en parler, c'est ridicule et je ne sais même ___pas pourquoi je p pense à ça. Je...
___- On rentre, tout de suite.
___- Oui papa. Dis-je pour rigoler.
___- Tu m'appelles encore une fois papa et je crois que je me tire une balle.
___- Mais non, s'il te plait, ça servirait à quoi. Tu mourrais pour rien aussi.
___- Allez viens. Il me prit le bras et m'emmenai vers la sortie.
___- Euh, je peux savoir pourquoi on ne paye pas?
___- Peut-être parce que le bar appartient au cousin de ma mère. Dit-il en souriant un peu.

Le 2 septembre 2008 20h23

Sur le chemin du retour, on était très silencieux. Je pensais, mon cerveau travaillant sur je ne sais quoi. Taylor, lui, devait penser aussi, il ne parlait pas mais bon ce n'est pas plus grave. Le silence ne fait jamais de mal lorsqu'il n'est pas pesant. En arrivant devant la porte de mon bâtiment, Taylor me pris dans ses bras ce qui me sortit de mes pensées. Il me murmura un 'Bonne fin de soirée, à demain.' et me laissa sur le pas de la porte. Je composai le code à l'entrai puis montai les escaliers, en arrivant sur le palier, devant la porte de mon chez moi, je fouillai dans mon sac à la recherche d'éventuelles clés perdues dans un coin sombre. Mais dès que je les eu entre les mains, la porte s'ouvrit d'un coup. Papa, avec un sac dans les mains. Première question qui me vient à l'esprit. Pourquoi? Il n'a aucun voyage d'affaire prévu pour l'instant. Mais dès que j'entends maman sangloter dans l'appartement, je fais un bisou sur la joue à mon père et je vais voir maman.

___- Maman, qu'est-ce qu'il se passe? Oh non, ne pleure pas. Shhhhhh. Ça va aller maman.
___- Lou... Dit-elle, pleurant de plus belle.
___- Ça va aller. Dis-je, sans vraiment savoir de quoi je parlais.

Je la pris dans mes bras, caressant ses cheveux, essayant de la calmer le plus possible. Il n'était pas très tard, mais je savais qu'elle était à bout de nerfs. Je l'emmenai dans sa chambre et lui dit de se préparer à se coucher. Quand à moi, j'allai dans ma chambre me mettre en pyjama et passai par la salle de bain pour me brosser les dents et j'allai rejoindre maman, toujours en larmes assise sur le bord de son lit.

___- Maman, tu devrais dormir. Ça te ferait du bien.
___- Je... D'accord. Dit-elle en reniflant.

Elle se mit sous les draps, j'allai éteindre la lumière et allai la rejoindre. Je n'avais pas dormi avec maman depuis des mois, mais là, je savais qu'elle avait besoin de moi, comme moi j'avais eu besoin d'elle à certains moments de ma vie.

___- Je t'aime maman.
___- Moi aussi Lou.

Elle se clamait peu à peu. Quelques minutes plus tard, elle dormait. Moi, je me posais des questions. Pourquoi papa était partit une valise à la main? Pourquoi est-ce que maman était en larmes? Qu'est-ce qu'il s'était passé? Est-ce qu'ils se séparaient? Toutes sortes de questions me taraudaient l'esprit et je tournais dans tous les sens. Le sommeil ne venait pas. Vers deux heures du matin, je me levai, être dans un lit ne me servait plus à rien maintenant. Je savais que le sommeil ne me gagnerait pas. J'allai donc dans la cuisine, pris une banane pour sustenter mon estomac qui faisait des gargouillis à en réveiller les voisins. Je me préparai aussi un laid au miel, ce qui me permettrait de me calmer un peu en temps normal. Mais est-ce que je suis vraiment en temps normal ou je dois croire que cette époque est maintenant révolue? J'aimerais dire que non, mon c½ur le voudrait, mais ma raison prend le dessus. C'est fini le beau couple de papa et maman, je l'ai compris en voyant la valise de papa. Je ne voulais juste pas l'admettre tout à l'heure. Je ne sais pas ce qu'il va arriver. Garde partagée ou juste chez papa ou maman. Je n'en avais tout simplement aucune idée. J'étais perdue, des idées farfelues me venant en tête. J'allai dans ma chambre et farfouillai sur mon bureau. Je trouvai une feuille qui n'était pas présente tout à l'heure. Je la pris et la lis tranquillement.

___'Salut petite puce, je sais que tu risques d'être surprise par cette lettre, que ta mère ne va pas très bien. Ne te fais pas d'idées, on ne s'est pas chicanés. Je me suis tout simplement rendu compte que je n'étais plus heureux. Que j'avais besoin de temps, de me refaire une nouvelle vie. Je sais que j'ai blessé ta mère, mais je pense qu'elle comprend mon geste, et j'espère que tu le comprendras aussi. Je veux quand même que tu viennes me voir, j'ai pris un appartement dans Hambourg, pas trop loin du centre-ville. Ça devrait te plaire d'après moi. Tu aurais ta propre chambre. Désolé du changement de sujet. Je ne veux pas que tu te dises que ta mère et moi allons ressortir ensemble, je ne pense pas que ça va arriver. Et non il n'y a pas d'autres femmes dans ma vie. J'aimerais quand même que tu t'occupes de ta mère un peu, elle n'est pas très bien, je pense que tu as dû le remarquer. Fais bien attention à toi. Je te redonnerai des nouvelles bientôt. Je t'aime Léa. ___Papa.'

Une larme descendit le long de ma joue. Je ne savais pas quoi faire. En parler avec maman? Non elle était trop sous le choc. En attendant, je devrais peut-être aller prendre quelques heures de sommeil, avant que ça ne soit trop tard.




# Posté le vendredi 21 août 2009 02:08

Modifié le mardi 27 octobre 2009 07:43

«Il faut juger les sentiments par des actes plus que par des paroles.» [George Sand] Chapitre 6

«Il faut juger les sentiments par des actes plus que par des paroles.» [George Sand] Chapitre 6
Le 3 septembre 2008 7h45

Le réveil sonne. Maman est toujours endormie à côté de moi. Elle qui serait habituellement levée et prête depuis une quinzaine de minutes. Je me lève, avec une envie de dormir épouvantable. C'est sûr que cette presque nuit blanche n'a pas aidé mon cas. J'aurais presque envie de rester à la maison aujourd'hui, mais je crois que ça n'aiderait pas maman qui déprime déjà assez comme ça. Je lui fais un bisou sur la joue et lui chuchote doucement de se réveiller. Elle finit par bouger un peu et ouvre à peine ses yeux.

___- Maman, réveilles-toi, tu vas être en retard au travail. Lui dis-je calmement.
___- Léa, je... je vais prendre congé. Mais ne t'inquiètes pas ça va aller. Me dit-elle.

Je la regardai un peu, m'inquiétant pour elle, puis me décidai à aller me préparer. Je pris des vêtements au hasard dans ma penderie et allai dans la salle de bain prendre une douche. J'attachai mes cheveux un peu n'importe comment. Je laissai tomber le maquillage pour aujourd'hui, je n'avais ni la motivation, ni l'envie de le faire. Je descendis donc les escaliers, pris une pomme et me dirigeai vers mon arrêt de bus. Je sortis mon iPod, et m'enfonçai les écouteurs dans les oreilles. Besoin d'être dans ma bulle ce matin. Il se passait tellement de choses, aussi minimes soit-elles, et à force ça faisait beaucoup. En arrivant à l'école, je vis Alex.

___- Looooooooooou, ma puce, ça va bien?
___- Euh... Je... Oui Alex, et toi? Répondis-je surprise de son enthousiasme.
___- Je t'ai appelé hier soir, tu ne répondais pas. Dit-il, avec un air inquiet.
___- J'étais sortie avec un ami. Je suis allée courir et après on est allés boire un verre.
___- Oh, d'accord. Sinon tu viens toujours en boîte vendredi?
___- Alex... Je ne sais pas, je... Écoute, je vais sûrement aller courir après les cours. Si tu ___veux, tu pourrais venir après, je t'enverrai un message texte pour te dire quand je serai ___à la maison. Dis-je en voyant qu'il était déçu. Je t'expliquerai pourquoi, c'est juste compliqué ___en ce moment.
___- Promis?
___- Oui Alex.

On se dirigea vers notre salle de classe. Pendant tout le cours, je griffonnais des petites notes dans mon agenda que ce soit pour ce que j'avais à faire ou des buts que je me fixais, des petits dessins aussi prenant leur place. La cloche sonna et je rentrai à la maison. Je déposai mes trucs dans ma chambre et allai voir ma mère dans sa chambre quelques minutes. Mais je savais qu'elle voulait rester seule, donc je retournai dans ma chambre me changer et me mettre en tenue de sport. Je pris mon iPod, enfonçai les écouteurs dans mes oreilles et avertis ma mère que j'allais courir. Je couru pendant une bonne heure avant de rentrer à la maison pleine de transpiration. Je me dirigeai directement dans la salle de bain et me déshabillai. Je me regardai dans le miroir, inspectant chaque centimètre de mon corps critiquant chaque imperfection, chaque endroit ou je voyais plus de graisse, même si il n'y en avait peut-être pas autant que je ne le pensais. Je me dirigeai vers la balance qui indiquait 59 kilos. Un poids que je n'avais jamais atteint. Ces chiffres me faisaient presque peur. Je ne pensais pas avoir pris près de dix kilos en un été. Je regardai ma poitrine qui avait pris un peu d'ampleur cet été, amplifiant chaque haut étant un tant soit peu décolleté. Et puis, je remarquai quelques vergetures qui s'étaient créés sur mes seins. Un air de dégout passa sur mon visage. Mon ventre n'était plus plat, un peu arrondi, créant de petits bourrelets lorsque je m'asseyais. Mes jambes n'étaient plus aussi minces qu'elles l'étaient auparavant. Mes joues étaient rondes alors qu'elles ne l'étaient pas l'an dernier. J'étais loin d'être affreuse, ou obèse, mais j'avais l'impression que mon corps étais énorme, que les proportions n'étaient plus les mêmes, et je n'aimais pas ça. J'allai dans la douche brûlante en pensant que ça me ferait un peu de bien que ça me détendrait. Après ça je sortis de la salle de bain en serviette, faisant le moins de bruit possible au cas où ma mère serait en train de dormir. Je m'habillai rapidement enfilant un t-shirt d'un groupe rock et un pantalon de jogging. Je cherchai mon téléphone portable et j'appelai Alex.

___- Allo?
___- Alex c'est moi. Viens à la maison maintenant si tu veux.
___- J'arrive bientôt, j'ai un petit truc à faire. Dit-il alors que des voix résonnaient derrière lui.
___- Écoute Alex, si t'es occupé tu n'es pas obligé de venir. Profite. Lui dis-je.
___- Oh, non je veux venir. J'veux te voir, et puis on a quelques petits trucs à se dire non.
___- Ouais.
___- Bon, je te laisse, j'arrive bientôt. Me dit-il en raccrochant rapidement.

J'allai dans ma chambre et je commençai le travail que madame Barrios nous avait donné. J'allai chercher des photos de mon voyage et un grand carton, que j'avais toujours quelque part dans le bureau de mon père. Je cherchai quelques informations sur l'Australie sur mon ordinateur. Je passai une heure à travailler là-dessus, attendant qu'Alex daigne enfin se montrer. Quelqu'un sonna, sûrement Alex. Je le fis monter et on alla s'installer dans le salon après une rapide étreinte. Je vis que ses yeux étaient un peu rouge, chose qui me mit la puce à l'oreille dès le départ.

___- Alex, qu'est-ce que tu as pris? T'as fumé?
___- Je... Hum, non. Me dit-il.
___- Ah oui je voilà, tout ce que tu dis je dois comprendre le contraire c'est ça? Dis-je en me ___frustrant un peu.
___- Lou, s'il te plait...
___- Mais qu'est-ce que tu veux encore? Tu sais très bien comment ça s'est terminé la ___dernière fois que tu as pris de cette merde.
___- Je sais, et j'en suis encore désolé. Ça ne se reproduira pas, tu le sais non?
___- Non, je ne le sais pas. Tu m'avais promis Alex. Dis-je les larmes me montant aux yeux en ___repensant à tout ce qui s'était passé cette soirée là.
___- Je ne te ferai pas de mal. Dit-il en se rapprochant de moi.

Il passa son pouce sur ma joue pour essuyer une larme qui perlait sur ma joue. Il approcha son visage du miens, puis ses lèvres vinrent se poser sur les miennes. Je le repoussai un peu, mais il continua de m'embrasser, me forçant, passant ses mains sur mes hanches puis sur mes reins. Je le repoussai plus fort cette fois-ci.

___- Arrête! Dis-je plus fort que je ne le croyais. Lâche moi, va-t-en. Je ne veux plus te voir.

Des larmes coulaient sur mes joues comme un torrent. Il me regarda une dernière fois puis sorti de l'appartement en claquant la porte. Je montai dans ma chambre rapidement et claquai la porte de ma chambre. Ma mère a sûrement tout entendu, mais au point ou j'en suis, ça ne me dérange pas vraiment.


# Posté le dimanche 30 août 2009 22:07

Modifié le mardi 06 octobre 2009 00:07